Les ratures de la ratée

2009 novembre 21
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par Anne Archet

* * *

Grande prison des stigmates

2009 novembre 15
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par Anne Archet

Je souffre des plis vulvaires de la lune
Cicatrices argentées sur mes nymphes d’émoi
Qui grugent le bois huileux des naufrages
Et mes yeux froissés de vestale impie

Apaise ma peine de ton hymen froid
Serre contre ma nuque tes cuisses d’oubli
Tes cheveux sont des aiguilles rouillées
Dans mes bras assoiffés de sucs maladifs

Nous prierons le vide et recevrons la terre
Je vendrai ta salive aux apaches éborgnés
Pour une seconde d’éternité assourdissante
Pour un instant tragique, le souffle coupé

Le rêve n’a plus de regards, et toi,
Femme aux mille sexes armés de fer
Tu plonges dans mon esprit tes cils vacillants
Pour éclairer le ciel d’apostasies flamboyantes

Notre agonie sera pavée de marbre obscur
Assourdissante comme l’aliénation délirante
Dans la grande prison des stigmates
Refuge abyssal des corps fracassés

Plus tarte que Plutarque

2009 novembre 3
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par Anne Archet

J’avais jamais joui jusqu’aux gencives.

fig. 25

Insertions exquises

2009 octobre 8
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par Anne Archet

Un chien dans un jeu de quilles
Une carotte dans un vagin carnivore
Un scalpel dans l’oreille d’un sourd
Une princesse dans une enseigne électrique
Un robinet dans un nuage lourd
Une manivelle dans un fromage persillé
Un pois chiche dans un pot de vaseline
Une tartine dans des sables mouvants
Un curé dans une sécrétion nasale
Une litote dans un drapeau noir
Un vibromasseur dans une couverture électrique
Une fellation dans un garage ultra-moderne
Un bol de lait dans un train déraillé
Une cigarette dans un œsophage
Un livre pornographique dans un rêve absurde
Une envie de mort dans un rapport de police
Un sou noir dans un traversin diabolique
Une contravention dans une piscine hors-terre
Un missel dans un cirque bulgare
Une partition de violon dans une seringue hypodermique
Un kilo de caviar dans une pelle à fumier
Une fille de joie dans un autobus scolaire
Une poire à lavement dans un fonctionnaire municipal
Un cigare cubain dans une poutine extra-sauce
Une cerise confite dans un ami des bêtes

À faux riz stick ment

2009 septembre 13
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par Anne Archet

J’ai un Dhp. ès dyslexie.

Assise sur le bord de la route avec ma fille, je regarde passer les zombies dans leurs cercueils roulants métalliques.

La condition postmoderne : même notre dernière heure sera entrecoupée de quatorze minutes de publicité

Ma meilleure amie m’a fait promettre d’assister à ses funérailles. J’ai accepté, mais à condition qu’elle vienne aux miennes.

Malgré l’augmentation du coût de la vie, elle reste toujours aussi populaire.

Comme je vous l’ai dit plusieurs fois, je ne me répète jamais, alors tant pis si vous n’avez pas compris la première fois.

Et surtout, ne commencez jamais une phrase par une conjonction.

J’évite la plupart du temps de parler contre Dieu ; après tout, une idée n’est pas responsable de ceux qui croient en elle.

L’après-midi est le moment de la journée que je consacre à me désoler d’avoir perdu mon temps pendant la matinée.

La précision est le vice insupportable de ceux qui ont raison.

Absurdité : une idée ou une opinion radicalement contraire à la mienne.

Le philosophe qui se fait baptiser est celui qui échange la recherche de la vérité pour une fantaisie utile et fonctionnelle.

Un aphorisme astucieux ne prouve rien, mais ils reste moins assomant qu’un raisonnement juste et interminable.

La nature a horreur du vide ; il vaut pourtant mieux que bien des trucs que la nature offre pour le remplir.

Celui qui parle pendant son sommeil est un somniloque. Celui qui parle pendant le sommeil des autres est un professeur.

Le fanatique n’est pas celui qui ne change jamais d’idée, mais celui qui ne change jamais de sujet.

Quiconque veut mettre le doigt sur LE problème de la société finit toujours par le mettre dans son oeil.

Un jour sans soleil, c’est comme une nuit.

Idi-o-matic

2009 septembre 12
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par Anne Archet

Je suis une fille publique car je reçois en privé.
Je suis haute comme trois pommes mais j’arrive à appuyer sur le champignon.
Je me mets au vert quand je suis dans le rouge.
J’en ai plein le dos d’être sur les genoux.
J’ai le cœur à la bonne place, c’est-à-dire sur la main.
Je couperais bien les cheveux en quatre, mais j’ai un poil dans la main.
Je pends mes jambes à son cou chaque fois que nous faisons soixante-neuf.
Je ne peux pas le sentir car il m’a dans le nez.
Je lis une feuille de chou qui appartient à une grosse légume.
J’y suis allée pour des prunes ; je suis vraiment une bonne poire.
J’ai tant mangé de vache enragée que personne ne viendra m’enlever le pain de la bouche.
Je frise le code avec mes alibis tirés par les cheveux.
Je n’y vais pas de main morte quand je travaille d’arrache-pied.
Je n’ai pas froid aux yeux car ils ne sont pas en face des trous.
Je ne lui vais pas à la cheville et ça lui fait une belle jambe.
Je ne suis pas dans mon assiette mais je n’en fais pas tout un plat.
Je me mets sur mon trente-et-un tous les trente-six du mois.
Je mets des bâtons dans la cinquième roue du char.
Je mets les voiles pour jouer les filles de l’air.
Je suis leur tête de Turc car ils m’envoient me faire voir chez les Grecs.
J’ai beau brûler la chandelle par les deux bouts, je n’arrive pas à les joindre.
Je pêche en eau trouble quand je remue ciel et terre.
J’ai fait mon barreau derrière les barreaux.
Je lui fais porter le chapeau car je n’en fais qu’à ma tête.
Je suis toujours dans le pétrin car je suis une bonne pâte.
Je lui ai mis la puce à l’oreille en cherchant la petite bête.

Le fondement du temps et du monde

2009 août 8
par Anne Archet

Cher journal,

J’ai passé la journée à te dire merci mon néant
mon beau néant je t’aime
néant sublime tu es si vide et sans fond
et tu m’aspires joli néant de mon coeur
j’embrasse ta présence faite de rien
et d’absence de tout
tu es si vide et si ineffable néant chéri
que je ne te tiens pas dans mes bras
oh mon vide
tu n’es même pas une cavité ou un trou
tu es le néant entouré de rien
et je m’incline devant la puissance
de ta vacuité insoutenable
et je baise de ma langue bleue
ton vortex éternel

Fig. 60

Proverbes

2009 juillet 11
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par Anne Archet

« Un tiens vaut mieux qu’un des miens, je suis pas prêteuse. »

« En avril, tu te découvriras d’un tas de fils, car c’est le temps de l’impôt. »

« Au pays des aveugles, on marche beaucoup dans les tas. »

« Le silence est d’or depuis que Georges D’Or est mort. »

« Un hirondelle ne fait pas le repas d’après les fêtes de chez Saint-Hubert. »

« Le trois fait le mois, faites-moi à trois. »

« Je donne ma langue aux chattes, mais seulement si elles sont épilées. »

Babil Batave

2009 juillet 8
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par Anne Archet

Cher journal,

Jacques croque carnivore le thé tamisé tétanisé qui roule et qui roule ma mièvre farine et la clique cassée des clans claudicants. Quant à Karl, qui à Caen claque des canons, son sillage scie ses saucisses sans sourciller.

Voilà toutes les nouvelles dignes d’être drainées par les vésicules de la Vistule virulente.

Érection gynopède en huit étapes

2009 juin 8
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par Anne Archet

Le sénat dispose d’un droit de veto suspensif chambre à coucher une cravate blanche plastronnant sur un col alimentaire vessie de saint Paul ô ma douleur dans l’ombre du jour dissociation automaticovolontaire des portraits grisâtréronds aux dents poudreuses et salines quand un Chichimèque véloce roule l’opéra flottant des gares héréditaires aux pistes du séminaire en lamelles historiographiques mes glandes de skene sur la pièce montée de la baronne de carbone outre gastrique émotions d’écailles la critique n’est possible que ployée sous le fardeau des désirs logarithmiques de mon clitoris précambrien.

Rénovation stoïque

2009 mai 22
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par Anne Archet

Cher journal,

Dans la chambre de la gourgandine semi-liquide, la moquette est recouverte de bâches de plastique qui exhalent le parfum des huiles intimes des saintes vierges anthropophages. On y entre comme une hétaïre cisaille un prépuce : avec la conviction inébranlable des cosaques zaporogues répondant au sultan de Turquie. La catin merveilleuse m’y attendait, fardée des douze nuances de carmin de Lucifer ithyphallique, avec aux seins les pinces d’acier qui font jaillir le lait grumeleux des pestes noires. À genoux, dos à elle, je lui présentai l’étoile obscure de mon cul, qu’elle ondoya de son goupillon fibreux dont la chair froide et humide a visité toutes les cavités des multitudes damnées des souterrains. J’en suis sortie grandie, humide, l’âme élargie et ouverte à toutes les vibrations célestes qui marquent et cataloguent les marchandises cauchemardesques hantant les allées noires des commerces naufragés.

De quoi? De vin, de poésie, de vertu

2009 mai 8
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par Anne Archet

(Cut-up logico-uro-baudelairien)

Vérité universelle : c’est-à-dire qu’il existe une théorie suffisante pour faire passer un petit paquet ensanglanté pour glisser et s’accroupir dans un râle, le cadre de cette variable entre ses lèvres intimes.

Par curiosité, le théorème affirme qu’il existe un énoncé exprimant sur mes jambes mélange de mouille, urine et autres sécrétions intimes.

J’ai ouvert encore plus grand le compas ne donnant pas de réponse mais permettant d’écarter l’heure qu’il est. Et le vent, quoi ? De vin, de poésie, de vertu, des hypothèses, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais quelquefois la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront :

« Tout ce qui gémit, à la fin de la théorie — le fait qu’elles se sont ouvertes pour laisser l’ivresse sans cesse ! De vin, de poésie ou seulement de relatives suites comme le plaisir.

Ecartant des énoncés sur lesquels on sait du côté de la porte. L’ombre de deux pieds sans sentir l’horrible fardeau du Temps et le passage à tout ce qui parle, demandez qu’elle soit nécessairement incomplète, comme femme mûre prenant son pied.

Il faut baiser, fouiller n’importe quoi — et sur quoi se fonder pour savoir l’arithmétique qui chante qu’on ne pourra jamais rien dire dans sa tête. Improvisé sur une couverture à même la démonstration dont la vérité de son sexe nous fit perdre toute retenue : les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous. Tout ce que la lumière dit aux mathématiques ? Les théorèmes de Gödel ne sont pas de vertu, à votre guise. »

Soudain, j’ai l’excitation théorème, mais enivrez-vous.

Latin de cuisine

2009 avril 21
mots-clés :
par Anne Archet

JESA ISQUAN NEAR CHETSE PRO MENETO UJO URS SANS SAC ULOT TEBE AUT EM PSMAU VA ISTEM PSELLE OF FRESON CULAT OUSLES REG ARDSETAT OU LES VENTSCES TMONPET ITDO IGT QUIM ELAD IT.

Crevasse fibreuse ange d’oubli

2009 mars 8
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par Anne Archet

Je suis petite petite avec des dents
Polies comme mes vices
Les aiguilles ne me font plus peur
Bras cuisses fesses
Des artères en cage de zèbre
Raides comme des évêques.

Sucre roux englués poils de sérum chaud
Je suis infusée de doutes malléables
De rêves bulgares sur ma motte savonneuse
De miel d’ordures dans mes amours infibulées
Je suis blessée par le temps liquide
Qui coule au coeur putride de mes os.

Loisirs

2009 février 8
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par Anne Archet

ombres-01Le chatLapinombres-04ombres-05ombres-06ombres-07ombres-08

Isis d’or dû casse

2009 janvier 5
mots-clés :
par Anne Archet

L’autre et Amon — léchant deux mâles d’aurore.

Procès verbal de la partouzarde

2008 décembre 7
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par Anne Archet

L A T T 1 6 I η U 1 G 2 π π
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C π & ν

Doda al coda

2008 novembre 8
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par Anne Archet

Cher journal,

On vient d’adapter les conventions typographiques pour accommoder les pères disparus en manque de riboflavine. Trois fois sur la coupure bleue coule la cigarette des rousses hydratantes — à cette époque, le parlement avait encore du fromage affiné entre les plis de son sexe. Plus encore, la pine cognitive des taoistes mercantiles trouble les esclaves tragiques à gauche de l’écran. Les cheveux sont humides quand le légume blanchi roule Platon dans la poudre ocre des technocrates. Mon postérieur a le menton de laurier chaud sur le cône anal des gonades alcooliques. Les bouchers de Brampton Ontario vendent des fleurs en poudre et des côtes de dos, ces porcs dolichocéphales.

fig. 18

Mue

2008 octobre 8
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par Anne Archet

Ma bouche cérémoniale
Une fellation en grandes pompes
Les violons funiculaires
Ceci n’est pas une pipe

On me déplace la frontière
Le long dos impensable
J’avale la beauté
Liqueurs de problèmes fixes

Cris des canines dans la vallée
Virgule-moi l’aréole entre les doigts
Bien ficelée sous lune obligée
Compte les gouttes dans la serrure sexuelle

Dans ma robe blanche, jeunesse en tresses
Lèvres noires et jeûne des frôlements
Les pieds nus tachés de boue bleue
Masturbée d’une main les arcanes

Amant improbable
Suant le désordre et la rédemption
Je suis ta fille perverse
Ton amante cruelle sous la faux

Le monde a toujours été une géométrie

2008 septembre 8
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par Anne Archet

En me levant ce matin, j’ai vu sur mon drap qu’il y a corrélation linéaire entre les variables observées lorsqu’elles ont tendance à s’aligner selon une droite de pente négative ou positive et que ma dextérité manuelle splendide sur ma cuisse aime le son binomial de la transformation de coordonnées réduites de mes nervures occulaires quadratiques qui distinguent l’ajustement linéaire de mon sexe explicatif quand par la taille le ministre me scie le coefficient de variation sur le quotidien dévorant ponctuel sans triage de mes sucs permutés qui sécoulent du méat mou de mon rêve quantitatif.

Je crois que je vais être menstruée, ma vulve opère une translation d’axes dans le plan cartésien symétrique par rapport à la série imaginaire qui tourne et tourne en plissant les replis de mes nymphes sans foyers quand la surface engendrée par ma sueur fond comme l’ellipsoïde des désirs mats et successifs de mon sang granuleux.

C’est décidé : je me convertis à l’hérésie du libre esprit.